Si l’on devait résumer 2025 en un mot, « montagnes russes » serait sans doute le terme le plus poli. Entre les incendies qui nous ont tenu en haleine et les records de chaleur, il était parfois difficile de garder le moral. On a souvent eu l’impression d’une chute libre, rythmée par des décisions politiques parfois incompréhensibles. Pourtant, en faisant le tri dans cette avalanche d’informations, on réalise que tout n’est pas noir. Reporterre a d’ailleurs mis en lumière des avancées significatives qui méritent qu’on s’y attarde.

Alors, respirons un grand coup. En ce début d’année 2026, il est temps de regarder dans le rétroviseur avec un œil nouveau. Des victoires législatives inespérées aux résiliences surprenantes de la nature, voici les preuves concrètes que le combat porte ses fruits et que l’action collective a du sens.

La fin de l’impunité pour les polluants éternels

C’est une victoire que l’on n’osait plus espérer, tant les lobbys industriels semblaient indéboulonnables. Pourtant, la loi adoptée le 20 février 2025 marque un tournant historique dans notre rapport à la santé publique. Les députés ont validé la restriction stricte de la fabrication et de la vente de produits contenant des PFAS, ces fameux « polluants éternels ». Depuis le 1er janvier 2026, les vêtements, chaussures et cosmétiques contenant ces substances sont désormais interdits.

Cette mesure est cruciale car ces composés chimiques ne se dégradent pas et s’accumulent partout : dans l’eau, les sols et nos organismes. En agissant ainsi, nous commençons enfin à prendre au sérieux ce qui constitue la sixième limite planétaire, celle de l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère. La loi impose également un contrôle accru de l’eau potable et une taxe pour les industriels pollueurs, appliquant enfin le principe du pollueur-payeur.

Cependant, restons lucides sur les zones d’ombre. La bataille n’est pas totalement gagnée puisque les ustensiles de cuisine, comme nos poêles antiadhésives, sont passés à travers les mailles du filet législatif. De plus, les décrets d’application parus en septembre dernier manquent cruellement d’ambition sur le contrôle des boues contaminées. C’est un premier pas immense, mais la vigilance reste de mise pour étendre ces protections à l’ensemble de notre quotidien.

Le réveil sauvage de la biodiversité française

On nous parle souvent de l’effondrement du vivant, et c’est une réalité tragique. Mais la nature a cette capacité incroyable de nous surprendre là où on ne l’attend plus. En Gironde, par exemple, le courlis cendré a fait sa réapparition après des décennies d’absence. Ironie du sort, l’oiseau a profité des zones clairsemées par les incendies de 2022 pour nicher à nouveau, prouvant que la résilience écologique emprunte parfois des chemins détournés.

Plus au sud, c’est une véritable explosion de vie qui s’observe en Camargue. Grâce à des efforts soutenus de restauration des zones humides, la région accueille désormais plus de 70 000 flamants roses au printemps. Ce chiffre record témoigne de l’efficacité des mesures de conservation lorsqu’elles sont appliquées avec rigueur sur le temps long. De même, le lynx continue sa lente reconquête avec près de 200 individus recensés, consolidant sa présence sur le territoire.

Il est crucial de continuer à surveiller ces populations, car de nombreuses autres restent fragiles. Pour ceux qui s’intéressent à la protection de la faune, il est utile de se renseigner sur les espèces animales en danger d’extinction pour comprendre les enjeux globaux qui dépassent nos frontières. L’arrivée du chacal doré dans les Alpes-de-Haute-Provence en avril 2025 confirme d’ailleurs que la carte de la biodiversité française est en pleine mutation, accueillant naturellement de nouveaux prédateurs venus de l’Est.

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La haute mer enfin sous protection internationale

C’est sans doute la nouvelle la plus vaste géographiquement. La haute mer, cette zone qui couvre près de deux tiers de nos océans et qui n’appartenait à personne — et donc était pillée par tout le monde — a enfin son bouclier juridique. Le traité international, ratifié par plus de 60 nations, est entré en vigueur ce 17 janvier 2026. C’est la fin du Far West maritime.

L’objectif est ambitieux : protéger 30 % de la haute mer d’ici à 2030. Concrètement, cela signifie la création de sanctuaires où la pêche industrielle et l’exploitation seront bannies pour laisser les écosystèmes se régénérer. C’est vital, non seulement pour la faune marine, mais aussi pour le climat, car l’océan est notre principal puits de carbone. Pour mieux saisir l’impact de ces vastes étendues d’eau sur notre climat, il est intéressant de savoir comment mesurer une empreinte carbone globale, qui inclut ces mécanismes naturels d’absorption.

Une autre victoire majeure s’est jouée en Norvège. Le gouvernement a reculé face à la pression internationale et a repoussé de quatre ans l’exploration minière des fonds marins. C’est un sursis inestimable pour les abysses, ces écosystèmes encore méconnus que les bulldozers sous-marins menaçaient de ravager pour extraire des métaux rares.

L’année de la bascule énergétique

Symboliquement, 2025 restera dans les annales comme l’année où le charbon a été détrôné. Pour la première fois, les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité) sont devenues la première source d’électricité mondiale. Ce n’est pas juste une statistique, c’est la preuve que la transition est enclenchée, même chez les géants comme la Chine qui a vu ses émissions de CO2 baisser pour la première fois.

Bien sûr, le pétrole et le gaz sont encore très présents, mais la dynamique a changé de camp. En France, nous avons la possibilité de soutenir ce mouvement à notre échelle. Il est d’ailleurs pertinent de se pencher sur les clés pour sélectionner le bon fournisseur d’électricité, afin de favoriser ceux qui investissent réellement dans les infrastructures durables plutôt que dans le greenwashing.

Pour visualiser concrètement ces avancées, voici un récapitulatif des progrès majeurs constatés l’année dernière :

Secteur Avancée majeure en 2025 Impact attendu pour 2026
Énergie Les renouvelables dépassent le charbon mondialement Baisse continue des émissions du secteur électrique
Biodiversité -60% de dauphins échoués (Golfe de Gascogne) Stabilisation des populations de cétacés
Santé Loi anti-PFAS adoptée en France Disparition progressive des polluants dans les textiles
Justice Avis de la CIJ sur les obligations climatiques Multiplication des procès climatiques citoyens

Le Conseil constitutionnel, gardien inattendu de l’écologie

On ne pense pas souvent aux « Sages » de la rue de Montpensier comme à des militants écologistes, et pourtant. En 2025, le Conseil constitutionnel a joué un rôle de pare-feu essentiel contre des régressions environnementales. Ils ont censuré la réintroduction des néonicotinoïdes, ces tueurs d’abeilles, en s’appuyant sur la Charte de l’environnement. C’est un signal fort : le droit de vivre dans un environnement sain a une valeur constitutionnelle supérieure aux intérêts agro-industriels.

Ils ont également bloqué une partie de la loi d’orientation agricole qui visait à dépénaliser la destruction d’espèces protégées. Ces victoires juridiques sont essentielles pour le moral des troupes. Face à l’ampleur de la crise, il est normal de se sentir parfois dépassé, mais il existe des solutions contre l’éco-anxiété, et voir que les institutions peuvent parfois nous protéger en fait partie.

Ces décisions juridiques nous rappellent que rien n’est jamais gravé dans le marbre, ni les lois destructrices, ni la fatalité. Voici quelques actions concrètes qui ont été sauvées ou renforcées grâce à cette vigilance :

  • Maintien de l’interdiction de l’acétamipride (néonicotinoïde) sur les cultures de betteraves.
  • Protection juridique maintenue pour les haies et les habitats naturels agricoles.
  • Refus de la « présomption de non-intentionnalité » pour les délits environnementaux.
  • Confirmation de l’obligation de l’État à agir contre le changement climatique.
  • Renforcement du pouvoir des associations à saisir la justice pour des causes écologiques.

L’année 2026 s’ouvre donc sur des bases assainies. Tout n’est pas réglé, loin de là, mais nous avons des outils nouveaux et des preuves que la mobilisation, qu’elle soit citoyenne, juridique ou politique, finit par payer. Gardons cette énergie pour les mois à venir.